21 mars 2010

Printemps . . . .

Printemps, te voilà, déjà! Je ne t'attendais pas. Je te redoutais même. Je t'appréhendais, comme si tu allais venir dévoiler le peu de secrets qu'il me reste. Est-ce qu'avec ton arrivée est venu le temps des excuses? Si tel était le cas, tu sais bien que je m'y refuse. Présenter des excuses signifierait reconnaître que je me suis mal comportée. Or, au pire je me suis ridiculisée, mais en aucun cas je ne l'ai offensée. J'ai désamorcé, au moment où cela devenait nécessaire, une situation qui allait devenir intenable et qui aurait pu conduire à une voie sans issue. Tout ce temps passé en sa présence sans que je puisse la regarder dans les yeux sans ressentir cette sensation atroce que mon coeur se serre comme si ma dernière seconde allait arriver, cela n'aurait pas été possible. Une telle agonie, sans que mon regard croise le sien, sans que je puisse y puiser ce minimum qui rend ces heures moins sombres, ne serait pas supportable.

Printemps, oh non, je ne t'attendais pas. Ta cruauté est intolérable. Comment veux-tu que l'espoir renaisse dans mon coeur si tu t'obstines à lui faire revivre le même calvaire qu'il n'a déjà que trop vécu? En plus, tu t'arroges au passage le droit de faire souffrir ceux que j'aime, ce qui rend cette situation d'autant plus inacceptable. Peut-être es-tu une mise à l'épreuve, pour voir jusqu'à quand je vais tenir sans hurler à la lune que tout ceci est bien trop cruel et qu'il faut que cela cesse, comme si le simple fait de le penser ne suffisait pas.

Printemps, cette année, et pour le peu que tu m'aies donné à connaître de toi, tu n'as pas idée à quel point je te hais. Je voudrais te voir subir cette lente agonie à laquelle tu me contrains. Je voudrais te voir t'épuiser en une vaine lutte contre l'hégémonie d'un principe plus fort que toi et contre lequel tu serais impuissant.

Printemps, j'aurais voulu pouvoir contrôler le temps et prolonger l'hiver infiniment, que tu ne viennes jamais avec ta horde macabre semer le désarroi et le désespoir là où il y aurait eu besoin d'un peu de réconfort et de cette étincelle bondissante qui naît quand l'espoir s'instille.

Printemps, je t'abhorre. Heureusement que l'hiver m'a laissé de beaux cadeaux, dont celui-ci.


20:13 Écrit par Kardream | Commentaires (1)

Commentaires

coucou ma tomate tu te souvient de moi après tout ce temps? Je vois que tu vie toujours dans ton monde de poesie, super. big kiss

Écrit par : cocoli | 23 mars 2010

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