10 avril 2010

De fieffés menteurs

Jeter les mots sur la toile, sans se soucier de si ça sonne ou pas, si ça forme un tout cohérent ou un amas d'idioties incommensurable, si au final ça ne veut rien dire du tout. Ne pas se préoccuper de l'inutilité de la tentative, mais de la sensation de soulagement qu'elle procure, du baume inoffensif et provisoire qui se dégage de cet essai. Toutes les blessures ont besoin qu'on les soigne, même si ça ne permet pas de les guérir, ou tout du moins, qu'on fasse semblant, parce que certaines plaies jamais ne se referment, toujours réouvertes qu'elles sont par une suite de chocs successifs dont l'irrégularité n'a d'égale que la cruauté de ne pas bénéficier d'un instant de répit.

Le destin frappe, sans relâche, comme un bataillon armé jusqu'aux dents, sans cesse renouvelé de pseudo volontaires, qui se foutent pas mal d'y perdre la vie, la face ou je ne sais quoi, tant qu'ils ne perdent pas leurs illusions. Celles-ci sont tenaces, comme les taches de sang sur les vêtements, on croit qu'elles vont partir au lavage, mais on a beau laver et relaver, elles ne partent pas, elles sont là, accrochées comme des puces sur un chien. Pour les sceptiques, il n'y a qu'à regarder le monde pour en être convaincu. Les gens se bercent d'illusions de toutes sortes. Ils croient, pauvres ignorants qu'ils sont, que le temps va tout arranger, et que s'il ne fait rien, le ciel y pourvoira, ils y mettent toute leur foi, sans se rendre compte que ce n'est que du vent. C'est le principe-même de l'illusion.

La douleur ne s'en va jamais vraiment, elle se joue de nous en nous faisant croire qu'elle nous laisse tranquille, mais elle revient toujours, plus sournoise et plus perfide qu'avant, pourrir notre existence. Elle s'octroie ce privilège, comme ceux qui s'octroient le droit de vie et de mort sur d'autres hommes, alors qu'ils ne valent pas mieux que leurs victimes, sans doute même moins puisqu'ils n'ont aucun respect pour la vie humaine. On pourrait citer des dizaines et des dizaines de ces despotes dont la soif de sang n'est jamais étanchée et qui en veulent toujours plus, sans s'en faire du mal qu'ils causent autour d'eux, aveuglés qu'ils sont par leur soif de pouvoir.

Le pouvoir, c'est en son nom que tant de crimes sont commis. Il ne faut pas mêler Dieu à tout ceci, Il n'a rien à voir là-dedans. Ceux qui ont prétendu perpétrer leurs atrocités en son Nom, sont de fieffés menteurs. C'est uniquement au nom du pouvoir. Je souhaite n'en posséder aucun, jamais. Je souhaite pouvoir me regarder dans la glace le matin en étant fière de ce que je suis, en sachant que je n'ai à rougir de rien, que je n'ai aucune honte à avoir que mon coeur saigne, que cette douleur m'étreigne de ses bras trop vigoureux. Je n'échangerais ma place pour rien au monde.

21:11 Écrit par Kardream | Commentaires (3)

Commentaires

hello Kardream je suis contente de te voir à la page d'accueil; je ne te voyais plus, n'avais plus ton adresse et je m'inquiétais pour toi
comme tu le vois, j'ai déménagé chez Eklablog
bises
Brigitte/Gibritte

Écrit par : Macedoine | 10 avril 2010

l'ami des chats Votre texte démarre comme un tirade de Cyrano de Bergerac.
Puis décrit la méchanceté du monde, alors il faut à la fois rester rebelle ou résistant comme Arthur Haulot.

But look also at the bright side of live (monty Python)

Pour reprendre des forces savourer l'instant présent quand il est bon et prendre une leçon de sérénité auprès d'un bon chat, comme celui qui figure à coté d'Albator (encore un rebelle!)

Amitiés

Écrit par : Charlier | 11 avril 2010

Bonjour Kardream,

comme je vois, tu n'as rien perdu de ta plume toujours aussi profonde.

Le temps a passé, mais je ne t'ai pas oubliée, même s'il m'a tenue loin de la toile depuis tant de temps.

Je voulais aujourd'hui te laisser ce petit signe d'amitié et de dire de continuer à écrire comme tu le fais si bien et recueillir ces instants de soulagment que procure cette activité et qui te sont si chers.


Un papillon sillencieux

Écrit par : crysalidea | 23 avril 2010

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