04 octobre 2014

On ne le dit pas assez

Ne pas forcer les mots, les laisser venir à soi, offrandes du temps. Les laisser être ce qu'ils sont, sans apprêt. Mots de douceur ou mots de violence, mots de malheur ou mots d'innocence. Se laisser pénétrer par leur musique intrinsèque, par leur essence profonde. Plonger dans leur infinité de couleurs, s'en imprégner jusqu'au tréfonds de l'âme, pour en habiller le monde. Des mots qui peuvent détruire ou construire, anéantir ou sublimer, tuer ou guérir, selon leur emploi et à qui ils sont adressés. Les mots ont un pouvoir incommensurable, pouvant briser ou sauver une vie. Les mots sont des armes. À nous de savoir le combat que nous voulons leur faire mener. Se battre pour la haine ou pour l'amour, pour un territoire ou pour la liberté, contre des moulins à vent ou pour ce qui compte vraiment. Parfois, il arrive aussi que les mots ne soient pas suffisants pour exprimer ce que l'on ressent. 'Je t'aime' ne suffit pas à refléter tout l'amour que l'on peut porter à quelqu'un et semble bien vain comparé à ce que le cœur éprouve. C'est sans doute pour cela qu'on ne le dit pas assez.

18:45 Écrit par Kardream | Commentaires (0)

Et parce qu'on en a le droit

Se sentir dépossédé de soi

N'avoir dans les veines que du froid

Et pourtant garder un appétit de vivre

Comme on n'en voit que dans les livres

Masquer les longs moments de solitude

Être égaré, comme frappé d'hébétude

Et toujours suivre des yeux son chemin

Ne jamais se résoudre à entrevoir la fin

Marcher sur un lac ou des braises

Vouloir être ailleurs, mal à l'aise

Et malgré tout rester le même

Ne pas s'abandonner soi-même

Tenir bon malgré les souffrances

Voir au-delà des apparences

Savoir qu'autour de soi tout change

Être tenté par le saut de l'ange

Résister parce qu'on ne sait rien faire d'autre

Savoir exister sans le regard de l'autre

Et parce qu'on en a le droit 

Oser être enfin soi

17:35 Écrit par Kardream | Commentaires (0)